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Journal d'aventurier retrouvé près des Falaises de Tut'Encayou

(Un document visiblement ancien, humide mais étrangement bien conservé, retrouvé coincé sous l'une des nombreuses pierres descellées qui trainent près de l'Allée Centrale d'autrefois)

Note rédigée à la hâte :

Je ne sais plus exactement depuis combien de temps nous marchons.

Les cartes d'Offrèze indiquent que cette route menait autrefois à un domaine prestigieux construit au bord même des falaises.

Si prestigieux que l'on raconte qu’il faisait vivre tous les villages voisins.
Les habitants en parlent encore à voix basse comme... s’ils craignaient de déranger quelque chose ? ou bien quelqu'un ?

Aujourd'hui, il n'en reste que vestiges et légendes perdues entre les pavés...
Les marais ont englouti le reste jusqu'aux tombes du vieux cimetière.

Pourtant, une sensation étrange perdure dans mon esprit. Comme si quelque chose nous observait déjà avant même que nous apercevions les premières ruines.

Comme un silence... attentif, qui me glace le sang.
J'espère qu'on en aura bientôt fini avec ce détour et que l'avarice de Béa ne nous éloignera pas plus de notre trajet initial...

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Journal de bord :

Au crépuscule de ce jour, nous avons traversé la "Forêt Noyée" (quel nom charmant !)

Les arbres y sont tous tordus et les branches sont comme des bras qui rampent. Certains portent encore des lanternes éteintes depuis bien trop longtemps, suspendues sagement à leurs branches mortes.

Sous l’eau trouble du marécage, on distinguent des pierres tombales encore lisibles, des morceaux de caveaux et... peut-être encore autre chose mais personne n’a voulu se mouiller pour vérifier.

Quand nous avons atteint l'allée centrale, j’ai senti le Fil d’Aura venir vibrer sous mes bottes. Une sensation peu commune mais pas déplaisante.

Même Vilbebran - qui d’habitude prétend que “la magie c’est juste des gens qui parlent fort avec des manches beaucoup trop longues pour eux” - s’est arrêté net.

Et là... nous l’avons vu : L’Anneau.

Il est exactement comme l'ont décrit les locaux lors de notre séjour à l'auberge du Pain Perdu : suspendu au milieu du chemin sur son trône de pierre comme une orbe brisée.

Des fragments gravitent lentement autour de lui, retenus par une force invisible Ă  mes yeux.
Au centre, on peut apercevoir des longues traînées éthérées qui semblent venir des profondeurs sous terre (intéressant...).

Cependant un détail n'échappe pas à ma vision : aucune rune et aucune inscription.

Mais lorsqu'on franchit l'anneau, une sensation que je ne saurais décrire vous "attrape"...

C'est certainement quelque chose d’ancien. Je peux le sentir.

Mais le plus étrange, ce n’est pas cette sensation d'emprise mais le calme.
Un calme tel qu'on pourrait croire que le lieu NOUS attendait.

Comme si le chemin usé sous nos bottes savait déjà que nous finirions ici quelques kilomètres plus tôt et avait passé le mot aux pierres.

Maelor a voulu rebrousser chemin (et je le comprends).
Béa a voulue toucher l’anneau (et je la comprends).
Vilbebran n'a attendu personne pour se glisser dans la première entrée qu'on a trouvé (et ça, quand vous connaissez Vilbebran, ça se comprend).
Et moi… moi je regardais le château, les pierres, l'anneau, les ruines, les tombes, les cryptes et les arbres. Confuse, intriguée, perplexe mais confiante, j'ai évidemment proposée de passer une nuit sur place car un tel appel à l'aventure ne s'ignore pas.

Pendant que Béa et Maelor s'occupe de dresser le camp, Vilbebran et moi même commençons à dresser les contours du domaine...

Toute aventure qui se respecte commence par une bonne cartographie du périmètre : une meilleure compréhension des lieux pour une meilleure exploration.

Les tours en ruine dépassent au-dessus des arbres presque comme les os d’un géant endormi.

Des passerelles effondrées relient encore certaines parties du domaine, défiant toute logique.

À chaque rafale de vent, on peut entendre des chaînes grincer quelque part dans les hauteurs.

â—†
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Journal de bord (suite et découverte)

Nous avons trouvés l’entrée d'un souterrain sous les fondations nord !

Un passage étroit. Humide et évidemment presque entièrement submergé.

Contre toute attente, Béa est passée la première, coupant court aux élans suicidaires - pardon, aventuriers - de Vilbebran. Même Maellor a voulu jouer les éclaireurs cette fois, comme si l’avarice de Béa avait fini par contaminer tout le groupe à force de voyager ensemble.

Alors que nous progressions dans les profondeurs du souterrain, cherchant tantĂ´t un butin ou une sortie, quelque chose venu troubler ce silence.

Je n’oublierai jamais "ce bruit".

Pas le craquement des vieilles pierres sous nos bottes.
Pas le bois détrempé qui cédait sous notre poids.
Pas même le cliquetis de nos équipements dans les couloirs étroits.

Non, quelque chose de plus surprenant en ces lieux...

Un rire ! Venu de l’obscurité, bref, léger et étrangement presque amusé ? Presque comme une invitation ? Mais surtout : impossible à confondre avec autre chose.

Pendant quelques secondes, personne n’a bougé et alors que milles scénarios traversent mon esprit, on choisi malgré tout de continuer l'exploration.

Parce qu’à ce stade, faire demi-tour semblait presque plus dangereux encore que d’avancer.

Après plusieurs heures d’exploration, nous avons finalement décidé de regagner la surface afin de faire le point.

Nous n’avons jamais réentendu ce rire.
Nous n’avons trouvé personne dans les galeries.

Et pourtant : nous l’avons tous entendu.
Demain, il faudra poursuivre nos investigations... mais pour l'heure, repos et pitance !

  • Viv, Technicienne des profondeurs.
â—†
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Annotations complémentaires - Compagnie des Quêtes Secondaires

Le document précédent fut retrouvé par une équipe d’exploration dépêchée dans le secteur de Tut’Encayou.

Cette expédition avait pour but de cartographier la partie Nord de la région des Étendues de Khabahl.

Au cours d'une analyse de terrain, des agents ont retrouvés ce document qui atteste d'un groupe d'aventuriers au destin incertain.

Au vu des dates renseignées et si le groupe en question a réellement pénétré dans les galeries souterraines de l'ancien Domaine Fortifié d'Acervot-Fote, il est probable qu'ils aient trouvés de la compagnie...

Les observations effectuées sur place confirment plusieurs éléments mentionnés dans le journal :

  • prĂ©sence de ruines Ă©trangement "accessibles" Ă  la fois partiellement effondrĂ© et pourtant aux multiples entrĂ©es dĂ©gagĂ©es (signe de pillards ? ou bien pire ?);

  • existence du cimetière submergĂ© autour des fondations extĂ©rieures ;

  • capacitĂ©s Ă©thĂ©riques amplifiĂ©es Ă  proximitĂ© de l'anneau de Conjuration central (prĂ©sence de fluctuation dans le Fil d'Aura - probable nouveau point de Convergence des flux des deux magies ?) ;

  • instabilitĂ© majeure dans les galeries souterraines ;

Aucune trace formelle ne permet de déduire si le groupe d’aventuriers a pu repartir indemne ou non. Aucune trace formelle ne permet même de dire s'ils ont réellement quittés les lieux.

Cependant :

  • plusieurs torches consumĂ©es rĂ©cemment ont Ă©tĂ© dĂ©couvertes dans les niveaux infĂ©rieurs ;

  • des traces de campement temporaire subsistent près de l’entrĂ©e principale ;

Il reste à déterminer s'il s'agit des aventuriers en question ou d'un tout autre groupe "d'éclaireurs".

Ce domaine semble contre toute attente recevoir encore pas mal de visiteurs...

Note annexe griffonnée en marge :

“Interdire à Zorbin d’explorer seul les sous-sols.

La dernière fois qu’il a entendu une voix mystérieuse dans des souterrains, il a tenté de lui répondre poliment pendant vingt minutes. C'était long et... déroutant de ténacité.”